La fièvre Q, une maladie sous-diagnostiquée
Maladie asymptomatique, discrète, sournoise, la fièvre Q dégrade la fertilité et peut déclencher des avortements, ponctuels ou en série. « Vacciner a un coût, mais quand on perd un veau, un embryon ou qu’on fait des IA en excès sur nos bonnes vaches, ça nous pénalise davantage, justifie l’éleveur. Nous faisons aussi de la collecte et du transfert d’embryons : ce serait dommageable de poser des embryons sur des vaches infectées, car elles auraient alors de grandes chances de transmettre la maladie. »
Pour Guislain Defer, vétérinaire à la clinique de Beaufeu (72), la fièvre Q est sous-diagnostiquée. L’absence de signes francs est souvent en cause. « Elle n’occasionne pas des symptômes très nets. Ce qui peut alerter ce sont les avortements mais au quotidien la maladie se traduit surtout par des troubles de la fertilité : retards à l’insémination, métrites post-vêlage, retours en chaleurs, échecs à l’IA… » Autant d’indicateurs facilement attribuables à d’autres facteurs si la repro n’est pas assez suivie.
Un dépistage facile dans le lait grâce au Qtest
« On passe souvent à côté, mais cette baisse des performances a un impact économique », souligne le vétérinaire. Selon Guislain Defer, peu d’éleveurs y pensent tant les causes possibles de baisse de la fertilité sont nombreuses. Pour faciliter le dépistage, il est possible de réaliser des tests dans le lait, comme pour la paratuberculose ou la BVD, à l’image du Qtest du laboratoire Ceva. Au lieu d’envoyer un prélèvement de lait réfrigéré, l’éleveur dépose quelques gouttes de lait de tank sur un support buvard qui peut être expédié par voie postale dans une simple enveloppe, sans contrainte de chaîne du froid. Au laboratoire, une PCR recherche la présence de Coxiella burnetii, la bactérie responsable de la fièvre Q. Le vétérinaire interprète ensuite le résultat au regard du contexte de l’élevage (symptômes, historique, niveau de suspicion).
Des analyses simples existent pour déterminer le statut d’un troupeau vis-à-vis de la fièvre Q : Protocole Statelcox 2.0
Des mesures efficaces existent : la biosécurité et la prévention médicamenteuse
En parallèle de la vaccination, la biosécurité a été renforcée au Gaec du Genetay. « Nous enlevons tout de suite les délivrances, avant que les vaches les mangent, détaille Stéphane Leffay. Il faut ensuite les enfouir. Nos box de vêlage sont à l’écart et systématiquement nettoyés. Chaque fois qu’on assiste une vache qui vêle ou qu’on manipule un placenta, un avorton, on porte des équipements de protection. » Des gestes simples mais décisifs pour limiter la diffusion dans le bâtiment… et protéger aussi les intervenants, car la fièvre Q est transmissible à l’homme.
Pour en savoir plus sur la gestion de la fièvre Q chez les bovins, consultez les fiches sur les mesures médicales et les mesures non médicales.
Pour lire l’article : cliquez ici.